Wafa, sous-préfecture de Guiglo-Tahouaké, le 13 août 2026 – La menace de la rage humaine se précise dans la région du Guémon.
À la suite du décès, le 7 août 2026, d’un homme âgé de 42 ans à l’Établissement public hospitalier départemental (EPHD) de Duékoué, une équipe pluridisciplinaire d’investigation a été dépêchée dans le village de Wafa.
La mission était conduite par M. LOHI ZRAN Innocent, chef d’antenne de l’Institut national d’hygiène publique (INHP) de Guiglo.
Elle réunissait également M. DJAPONON Kabran Vénance, infirmier diplômé d’État et point focal rage, M. KOUADIO Yao François, infirmier diplômé d’État et chef de poste de l’INHP de Duékoué, M. TOURE Tieba, agent des services animaux et halieutiques du ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH), ainsi que M. ASSI N’cho Alain, infirmier diplômé d’État, major du centre de santé urbain et agent du district sanitaire de Bangolo.
𝐔𝐧𝐞 𝐦𝐨𝐫𝐬𝐮𝐫𝐞 𝐬𝐮𝐢𝐯𝐢𝐞 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐢𝐬𝐬𝐮𝐞 𝐟𝐚𝐭𝐚𝐥𝐞
L’enquête menée auprès de la famille et des proches révèle que la victime aurait été mordue par un chien suspect environ deux mois avant l’apparition des premiers symptômes.
Après la morsure, elle ne s’est pas rendue dans un centre de santé et n’a donc bénéficié d’aucune prise en charge post-exposition.
À l’issue de la période d’incubation, le patient a développé plusieurs signes compatibles avec la rage : agressivité, troubles du comportement, hallucinations, hypersalivation et hydrophobie. Malgré son transfert à l’EPHD de Duékoué, il est décédé le 7 août.
L’animal mordeur ayant disparu peu après les faits, aucune confirmation biologique n’a pu être effectuée. Toutefois, les circonstances de l’exposition et le tableau clinique observé sont fortement évocateurs d’un cas de rage humaine.
𝐔𝐧𝐞 𝐦𝐨𝐛𝐢𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐚𝐮𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐚̀ 𝐖𝐚𝐟𝐚
Face au risque de propagation du virus rabique, l’équipe d’intervention a organisé une rencontre communautaire en présence du chef du village, des notables et des habitants de Wafa.
Cette rencontre a permis de rappeler les gestes essentiels à adopter après toute morsure ou griffure d’un animal :
- 𝐋𝐚𝐯𝐞𝐫 𝐢𝐦𝐦𝐞́𝐝𝐢𝐚𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐩𝐥𝐚𝐢𝐞 𝐚̀ 𝐥’𝐞𝐚𝐮 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐞 𝐞𝐭 𝐚𝐮 𝐬𝐚𝐯𝐨𝐧 𝐩𝐞𝐧𝐝𝐚𝐧𝐭 𝐚𝐮 𝐦𝐨𝐢𝐧𝐬 𝟏𝟓 𝐦𝐢𝐧𝐮𝐭𝐞𝐬 ;
- 𝐒𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐝𝐞́𝐥𝐚𝐢 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐮𝐧 𝐜𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐭𝐞́ ;
- 𝐒𝐢𝐠𝐧𝐚𝐥𝐞𝐫 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐜𝐡𝐢𝐞𝐧 𝐞𝐫𝐫𝐚𝐧𝐭, 𝐚𝐠𝐫𝐞𝐬𝐬𝐢𝐟 𝐨𝐮 𝐚𝐮 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐨𝐫𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐢𝐧𝐡𝐚𝐛𝐢𝐭𝐮𝐞𝐥 ;
- 𝐅𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐯𝐚𝐜𝐜𝐢𝐧𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐢𝐞𝐧𝐬 𝐝𝐨𝐦𝐞𝐬𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐚 𝐫𝐚𝐠𝐞.
𝑈𝑛𝑒 𝑓𝑜𝑖𝑠 𝑙𝑒𝑠 𝑠𝑦𝑚𝑝𝑡𝑜̂𝑚𝑒𝑠 𝑑𝑒́𝑐𝑙𝑎𝑟𝑒́𝑠, 𝑙𝑎 𝑟𝑎𝑔𝑒 𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑟𝑒𝑠𝑞𝑢𝑒 𝑡𝑜𝑢𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠 𝑚𝑜𝑟𝑡𝑒𝑙𝑙𝑒. 𝐸𝑛 𝑟𝑒𝑣𝑎𝑛𝑐ℎ𝑒, 𝑢𝑛𝑒 𝑝𝑟𝑖𝑠𝑒 𝑒𝑛 𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒 𝑟𝑎𝑝𝑖𝑑𝑒 𝑒𝑡 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑙𝑒̀𝑡𝑒 𝑎𝑝𝑟𝑒̀𝑠 𝑙’𝑒𝑥𝑝𝑜𝑠𝑖𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑝𝑒𝑟𝑚𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑝𝑟𝑒́𝑣𝑒𝑛𝑖𝑟 𝑒𝑓𝑓𝑖𝑐𝑎𝑐𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑙𝑎 𝑚𝑎𝑙𝑎𝑑𝑖𝑒.
𝐃𝐞𝐬 𝐦𝐞𝐬𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐮𝐫𝐠𝐞𝐧𝐭𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐜𝐨𝐦𝐦𝐚𝐧𝐝𝐞́𝐞𝐬
Afin de réduire le risque de nouveaux cas, les experts préconisent :
- le renforcement de la surveillance épidémiologique dans la sous-préfecture de Guiglo-Tahouaké ;
- l’organisation d’une campagne ciblée de vaccination canine à Wafa ;
- une collaboration renforcée entre les services de santé humaine, les services vétérinaires, les autorités administratives et les communautés.
Ce décès rappelle une réalité essentielle : après une morsure, chaque minute compte.