Les violentes intempéries qui se sont abattues sur le Sud-Comoé du 15 au 17 juillet 2026 ont provoqué une montée spectaculaire des eaux de la rivière BIA.
En sortant de son lit, le cours d'eau a submergé plusieurs quartiers de la ville d’Aboisso ainsi que le village voisin de Soumié, plongeant des dizaines de familles dans le dénuement et soulevant de vives inquiétudes sanitaires.
À la suite de cette crue exceptionnelle, une mission d’investigation conjointe a été rapidement déployée les 21 et 22 juillet 2026, à Aboisso, pour évaluer l'ampleur des dégâts environnementaux et les risques d'épidémie.
Menée sous la supervision du Dr Coulibaly M’Bégnan, Chef de l'antenne locale de l'Institut National d'Hygiène Publique (INHP), l'équipe associait des agents de l'INHP, des secouristes de la Croix-Rouge et des représentants de la Mairie d'Aboisso.
Les conclusions de l'enquête de terrain dressent un constat inquiétant. Dans la ville d’Aboisso, la montée des eaux a touché de plein fouet le quartier « Rive Gauche » — notamment dans les secteurs Canivokro, Antenne et 4 Palmiers — ainsi que le quartier « TP », au niveau des zones Sicta et CSCA.
À une dizaine de kilomètres de là, le village de Soumié a subi le même sort, se retrouvant partiellement sous les eaux.
Au total, la catastrophe impacte directement 51 ménages, soit 350 personnes sinistrées. Parmi les victimes les plus vulnérables figurent 43 enfants de moins de 5 ans et 4 femmes enceintes.
Lors du passage des enquêteurs, la majorité des habitations sinistrées avaient été désertées par leurs occupants, contraints de trouver refuge auprès de proches ou dans des abris de fortune.
Au-delà des dégâts matériels, c'est désormais l'urgence sanitaire qui préoccupe les autorités. L'immersion prolongée des zones habitées a laissé derrière elle d'importantes mares d'eau stagnante, des amas de déchets charriés par les flots et de nombreuses latrines totalement débordées, mettant durablement insalubre l'environnement immédiat.
Ce terreau insalubre commence déjà à porter ses fruits amers : l'équipe d'investigation a relevé plusieurs cas de paludisme, de dermatoses (maladies de peau) et de diarrhées, particulièrement chez les jeunes enfants.
Sans une intervention rapide, le risque de propagation de maladies hydriques à plus grande échelle reste élevé.